Il va sans dire que les films de Disney, de nos jours comme dans le passé, sont quasiment inégalables en qualité. De « Steamboat Willie » à « La Petite Sirène », et même dans la dernière décennie, les studios Disney ont créé des chefs-d'œuvres inoubliables qui ont à la fois émerveillé des millions d'enfants et inspiré d'innombrables artistes en herbe à s'intéresser au monde de l'animation. 

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Au 21ème siècle, la majorité des dessins animés, qu'ils soient produits par les studios Walt Disney ou non, sont créés grâce à l'animation 3D, où presque tout le travail se fait sur ordinateur et beaucoup des tâches plus monotones sont réalisées grâce à l'intelligence artificielle. Mais à l'époque du célèbre Walt Disney, toutes les créations étaient dessinées, image par image, à la main. Cette technique est difficile et prend énormément de temps : selon IMDB, la production de « La Belle au Bois Dormant », qui a causé beaucoup de problèmes pour le studio, a pris presque dix ans, débutant en 1951 et s'achevant avec la sortie du film au cinéma en 1959.

À cause de la difficulté de ces techniques, il arrivait parfois que les animateurs réutilisent certaines animations de manière discrète, en copiant les mouvements dans les scènes de leurs films déjà produits. Ces raccourcis étaient fréquemment inoffensifs et difficiles à remarquer, mais dans le cas du film « Robin des Bois », datant de 1973, ces ‘recyclages’ ont pris une ampleur bien plus frappante. La vidéo ci-dessous montre à quel point la scène de « Messire le roi de mauvais aloi » (« The Phony King of England ») est une reproduction quasi-exacte d'autres scènes de danse de « Blanche-Neige et les Sept Nains », « Le Livre de la Jungle » et « Les Aristochats ».

Il s'agit ici de ce qu'on appelle la rotoscopie, technique que David Thrasher définit comme le calquage de chaque image dans une scène filmée au préalable par la production ou bien une tout autre autre création. Thrasher explique que la rotoscopie a été utilisée dans « Blanche-Neige et les Sept Nains », avec la danseuse Marjorie Belcher servant de modèle pour des images filmées que les artistes ont calquées pour les scènes de danse. Les films suivants de Disney préfèrent se servir de ces images filmées comme inspiration plutôt que de les calquer, comme dans cette vidéo de Kathryn Beaumont, la voix d'Alice, jouant une scène elle-même pour inspirer les dessins du classique « Alice au Pays des Merveilles ».

Jim MacQuarrie de GeekDad révèle que le recyclage des images était l'idée de Wolfgang Reitherman, directeur d'animation pour de nombreux films des studios Disney. Contrairement à ce que l'on penserait, ce processus n'était pas principalement dû à des contraintes de temps ou d'argent, mais était plutôt une touche personnelle, une décision créative liée à ce que Reitherman pensait que le public apprécierait. On peut donc plutôt parler d'hommage aux films que de recyclage.